Coaching et responsabilisation
des collaborateurs
Introduction
La
reponsabilisation et l'habilitation des personnes
Coaching
Références
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Texte préparé par Marc Thiébaud
et Alain Rondeau
pour le colloque du 7 mars 1997 tenu à
l’Université de Neuchâtel
sur le thème
" Le changement dans le travail: subir ou agir.
Quel rôle pour la gestion des ressources
humaines? "
INTRODUCTION
Dans une période de changements majeurs telle que celle que nous vivons actuellement, il apparaît de plus en plus clairement que les transformations organisationnelles passent par une reouvellement non seulement des structures et des systèmes, mais encore et surtout des personnes et des processus.
La mobilisation des ressources humaines et l’habilitation des collaborateurs sont devenues depuis de nombreuses années des préoccupations prioritaires pour nos entreprises. En effet, il est de plus en plus reconnu que la réussite des changements passe par la coopération, l'engagement et la responsabilisation de chacun. On a donc porté une attention croissante aux méthodes de gestion susceptibles de valoriser et développer le potentiel des employés en même temps que d'influencer l'intensité et la direction des efforts qu'ils fournissent.
Dans cette perspective, les rôles du leadership tendent à évoluer: on attend du leader qu’il soit de plus en plus à même:
Notre propos ici sera centré
sur l’habilitation du personnel. Dans un premier temps, nous expliciterons
les éléments clefs qui entrent en jeu dans les processus
d’habilitation. Puis nous présenterons dans cette perspective quelques
aspects liés aux pratiques de coaching qui peuvent être
développées dans la relation avec des collaborateurs.
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LA RESPONSABILISATION ET L’HABILITATION DES PERSONNES
Les écrits les plus récents dans le domaine du leadership utilisent de plus en plus le terme d'empowerment pour parler d'un encadrement qui développe le potentiel des gens dans l'organisation. Ce terme correspond aux notions d’habilitation et de responsabilisation (étymologiquement: capacité à répondre ou faire face à une situation). Le terme anglais d’empowerment met notamment en évidence le fait qu'il s'agit aussi de donner du pouvoir aux collaborateurs, c'est-à-dire de mettre en valeur leurs contributions et leurs ressources et de leur fournir les moyens de réaliser au mieux leur travail (on notera que l'équilibre de pouvoir entre le supérieur hiérarchique et ses collaborateurs n'en sera pas nécessairement modifié: en effet, les deux parties peuvent très bien accroître ensemble leur pouvoir dans une relation de type gagnant - gagnant).
Quelles sont les caractéristiques des personnes dites habilitées? Les études montrent que celles-ci ont avant tout le sentiment de pouvoir contrôler les événements dans une situation donnée.
Lorsqu’on est habilité, on sent généralement qu’on a la possibilité de:
En premier lieu, on constate généralement qu’un élément déclencheur du processus (1) survient qui favorise une compréhension critique de la situation et permet à la personne, par une prise de conscience, de développer un sentiment renouvelé d’estime de soi. Ces éléments déclencheurs peuvent être liés à une crise ou un passage du cycle de vie ou plus simplement à une nouvelle information ou à un changement dans l’environnement qui génèrent une dissonance et facilitent la perception d’une alternative à l’impuissance.
On observe ensuite que le processus habilitant est stimulé par la présence d’opportunités (2) que la personne peut saisir pour prendre confiance dans la possibilité d’avoir un contrôle sur sa situation. Il peut s’agir par exemple de l’occasion pour la personne de clarifier son rôle ou sa vision d’un objectif à atteindre.
Le sentiment d’habilitation se construit alors par le jeu d’un processus amplificateur dans lequel l’engagement de la personne dans ses activités (3) et les opportunités qu’elle a de développer sa confiance se renforcent mutuellement.
Il importe encore de prendre en compte
deux aspects qui jouent un rôle régulateur et peuvent favoriser
le processus: d’une part, les résultats obtenus et les apprentissages
effectués (4); d’autre part, un environnement facilitant
(5) offrant soutien, ressources et valorisations.
Une pratique d’empowerment vise donc à faciliter la mise en œuvre de cette dynamique et des cinq aspects décrits qui y contribuent. Les processus impliqués sont complexes et ne peuvent être conduits selon un mode d’emploi tout fait. Ils présentent des difficultés que l’on retrouve dans toute démarche de changement. En suivant Thiébaud & Rondeau (1995), on peut souligner trois lignes de développement pour le travail de facilitation d’un changement:
Plusieurs formes d’aide peuvent être
apportées pour habiliter une personne, qu’elles agissent au niveau
de la relation directe avec elle ou au niveau de ses conditions de travail
et de son environnement. Nous en aborderons ci-après l’une d’emtre
elles en présentant la pratique du coaching. Au delà
de la méthode, le plus important réside dans la compréhension
et la facilitation du processus d’ensemble qui permet à la personne
de s’approprier la démarche d’habilitation. C’est dans cette perspective
que gagne à être considéré selon nous un coaching
qui responsabilise une personne en l’aidant à explorer cognitivement
les différents aspects entrant en jeu dans le processus d’habilitation
et à élaborer divers scénarios alternatifs d’action.
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LA PRATIQUE DU COACHING
Le terme de coaching est issu du sport et renvoie à la notion d’entraînement d'un sportif ou d'une équipe. Il a été repris dans le domaine de la gestion avec l'idée d'un accompagnement des collaborateurs visant le développement de leurs compétences et l'atteinte de niveaux d'autonomie et d'engagement "supérieurs".
Quels sont les buts du coaching? Ils peuvent varier dans une certaine mesure. Les buts sont à définir dans un accord préalable. Dans le sens le plus courant, le coaching consiste à aider une personne à:
Le coaching consiste concrètement dans des entretiens réguliers qui doivent se dérouler dans un climat de confiance et être orientés vers la résolution de problèmes concrets dans la durée. Ces entretiens sont centrés sur la personne coachée, sur les moyens qu'elle a de réinterpréter les situations qu'elle rencontre et d'élargir ses possibilités d'action. Le rôle de coach s'apparente à celui d'un conseiller en ce sens qu'il laisse au collaborateur la responsabilité de prendre en charge les contenus et les réalisations. Ceci ne signifie pas pour autant que le coaching est totalement non directif: le coach prend des initiatives dans la façon dont il anime le processus et pose des questions qui peuvent plus ou moins confronter le collaborateur en vue de l'inspirer à s'engager et se dépasser.
Le coaching doit s'inscrire dans un environnement qui valorise l'autonomie personnelle (en même temps, on peut relever qu'il est aussi un moyen pour favoriser l'émergence d'un tel environnement). Il importe que des relations ouvertes et positives prédominent et que les valeurs en vigueur privilégient les apprentissages et la croissance personnelle.
Le coaching peut prendre diverses formes. Il est souvent pratiqué par un responsable avec ses subordonnés. Il peut cependant être également pratiqué entre des gens n'ayant aucun lien hiérarchique direct. Par ailleurs, s'il prend généralement la forme d'entretiens individuels, il peut aussi concerner toute une équipe.
Parfois, le coach peut servir avant tout de parrain ou mentor pour introduire un collaborateur dans son travail, l'assister dans sa familiarisation avec l'environnement ou l'aider dans le développement d'un réseau de relation utile.
Par ailleurs, dans une fonction de tuteur, le coach peut aider un collaborateur à acquérir des compétences particulières en l'assistant pour le choix de ses activités de formation, pour la préparation en vue d'un cours, ou le transfert de ses apprentissages sur le terrain de la pratique.
Enfin, le coach peut, dans une perspective qui s'éloigne quelque peu des principes de base, avoir une fonction de stimulant s'il cherche à identifier avec le collaborateur les écarts par rapport à ce qui est attendu pour l'inciter à s'améliorer. L'idée consiste à inviter l'employé à relever de nouveaux défis. La frontière est mince ici avec les situations d'encadrement visant la correction des écarts par rapport au rendement attendu.
Quelles sont les habiletés requises du coach? Il doit être capable:
1) Spécification du cadre général et des objectifs de la séance:
Dans tous les cas, même si le coaching ne se poursuivra pas, il faut prévoir en fait une sixième étape, qui interviendra après que le collaborateur ait pu agir sur la situation:
6) Suivi et feed-back:
Le coaching peut contribuer de manière importante au processus d’habilitation dans la mesure où il permet d’intervenir au niveau des cinq aspects décrits plus haut: dans les étapes (2) et (3), il stimule la prise de conscience; dans les étapes (4) et (5), il aide la personne à percevoir des opportunités et des possibilités de s’engager. Avec le suivi dans la durée, il facilite le processus d’habilitation en contribuant à sa régulation et en aidant la personne à obtenir des résultats positifs et à effectuer des apprentissages. Par ailleurs, la relation de coaching offre en elle-même du soutien à la personne et par conséquent un environnement facilitant pour son habilitation.
Pour conclure, on relèvera que le coaching ne saurait être réduit à une simple technique si l’on prend en compte la complexité des processus en jeu. Il s’apparente davantage à un art et à la mise en œuvre de valeurs.
Enfin, il importe de situer le coaching
dans son contexte. Il constitue un moyen d’encadrement parmi d’autres.
Il s’agit donc de penser sa place par rapport aux besoins et à la
relation développée entre un supérieur et son collaborateur.
Le schéma ci-après résume la manière dont un
cadre peut concevoir la démarche d’ensemble au cours de laquelle
il peut être décidé de développer des entretiens
de coaching.
REFERENCES
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Diriger.
Paris: Interéditions.
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Crozier, M. (1989). L’entreprise
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Rondeau, A., Lemelin, M. & Lauzon,
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Montréal: Ecole des HEC. 11 pages.
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Thiébaud, M. & Rondeau,
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de consultation. Psychologie du travail et des organisations. 1(1):
87-106.
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Whitmore, J. (1994). Coaching.
Paris: Maxima.
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. Mise
à jour : mars 1999
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